Erka Lalouche a (à moitié) raison, la société fonctionne mieux quand les hommes sont monogames ( et fidèles)
Une amie à moi (aujourd’hui mère célibataire avec une belle carrière), m’a dit un jour : “aujourd’hui, 90% des problèmes de couples existent parce que les hommes sont infidèles et les femmes ne l’acceptent plus.” à l’époque, je pensais qu’elle exagérait. Peut-être pas tant que ça, finalement.
Depuis quelques jours, un débat tourne sur les réseaux. D’un côté, da dédé et plusieurs voix qui expliquent qu’il faut “tolérer l’infidélité masculine”. De l’autre, erka lalouche, qui rejette fermement ce discours et défend une exigence simple : la fidélité.
Le débat n’est pas nouveau, mais sa vigueur montre qu’on vit une période de transition. Les anciennes logiques se mêlent aux revendications des générations nouvelles.
Et sur le principe, Erka a raison.
1. Pourquoi les sociétés fonctionnent mieux quand les hommes sont monogames
Mon point n’est pas moral. Il est fonctionnel.
L’histoire montre que les sociétés les plus stables, les plus prospères, les plus coopératives, sont en grande majorité monogames (Europe du Nord, Japon, Corée du Sud, Canada, Australie). À l’inverse, les pays où la polygamie et l’infidélité masculine restent très répandues sont souvent parmi les plus pauvres (prenez un pays africain subtropical de vore choix 🙂 ).

Et c’est une simple question d’organisation sociale et de Coopération.
Le moteur principal du comportement masculin, depuis toujours, est l’accès aux femmes et à la reproduction. C’est ce qui pousse les hommes à travailler, produire, se conformer aux règles du groupe. Pendant des siècles, les sociétés ont utilisé la famille pour canaliser l’énergie masculine, souvent brute, souvent instable.
Le schéma est clair : une femme stabilise un homme. Une famille stabilise un groupe. Et le groupe stabilise la société.

2. Reproduction, ressources et stabilité
La reproduction reste au cœur de notre survie collective. Un enfant humain exige des années de soins, d’éducation et d’investissement. Un jeune n’est pleinement autonome qu’entre 20 et 25 ans.
Dans ce contexte, une famille monogame et stable donne de meilleures chances aux enfants.
L’équation est simple.
• un homme fidèle concentre ses ressources sur un foyer
• une famille peu nombreuse permet un meilleur suivi
• la société avance plus vite
L’inverse se vérifie aussi.
• un homme volage dilue ses ressources
• une descendance trop nombreuse fragilise le foyer
• les chances de réussite sociale chutent
Les pays à forte polygamie le démontrent : beaucoup d’enfants, peu de ressources par tête, faibles niveaux d’instruction, faible mobilité sociale. Un homme qui gagne 500 000 FCFA par mois et a deux enfants offre plus d’opportunités qu’un homme qui gagne la même somme avec dix enfants dispersés dans plusieurs foyers.
3. L’hypergamie moderne, un obstacle supplémentaire
Le discours actuel en Afrique dit deux choses en même temps.
• “Les hommes doivent être fidèles.”
• “Les hommes pauvres n’ont pas droit à l’amour.”
C’est une forme d’hypergamie assumée. Et le paradoxe est évident. On ne peut pas exiger la fidélité d’un homme à qui la société répète qu’il “ne vaut rien tant qu’il est pauvre”.
Dans ces conditions, lorsqu’il devient riche, il cherchera à compenser. Et la société lui pardonnera plus facilement.
C’est culturel. C’est ancien. Et les femmes elles-mêmes renforcent souvent cette hiérarchie.
4. Le paradoxe social
On veut une société monogame. Mais on pousse vers un marché amoureux où seuls les hommes fortunés ont une valeur.
On ne peut pas exclure la majorité des jeunes hommes de la possibilité d’aimer, puis leur demander d’être des modèles de fidélité.
On ne peut pas :
• encourager l’hypergamie
• exiger la fidélité absolue
• condamner les comportements produits par ce même système
C’est incohérent.
5. Ce qu’il faudrait admettre
Une société plus stable suppose quelques choix clairs.
• encourager les couples jeunes à construire ensemble
• réduire la pression économique dans les relations
• arrêter d’associer la valeur d’un homme uniquement à son revenu
• comprendre que la fidélité repose sur un cadre social qui la permet
On ne peut pas demander aux hommes d’être fidèles si on les prive d’accès à une relation tant qu’ils ne sont pas riches.
6. La cacophonie des discours
Pour compliquer une équation déjà bien complexe, nous sommes aujourd’hui plongés dans une confusion permanente des discours :
Les traditions valorisent la polygamie et l’homme volage. Le romantisme moderne exige fidélité absolue et exclusivité affective. Les féminismes apportent de nouvelles normes, parfois contradictoires, entre dénonciation du patriarcat, croisade contre la masculinité “toxique”, et revalorisation de modèles séparatistes.
S’ajoutent l’effondrement du mariage, la montée de l’individualisme, et la hausse des familles monoparentales.
Beaucoup de jeunes ne savent plus à quels repères se raccrocher.
Pour ne pas conclure
La fidélité masculine est utile. La monogamie est plus stable, plus juste, plus efficace. Mais elle n’est possible que si toute la société avance dans le même sens.
Aujourd’hui, nous sommes perdus entre traditions anciennes, romantisme moderne, exigences économiques, hypergamie assumée et discours idéologiques qui se contredisent.
La monogamie fonctionne mieux que tout le reste, mais elle exige cohérence, équité, et un cadre social clair.
Et ce cadre, aujourd’hui, est fracturé.
Commentaires