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Panafricanisme partie 2 : Leçons de l’Histoire et exemples qui marchent

Salutations chères toutes et chers tous,

Poursuivons donc notre causerie sur la question du panafricanisme. (pour les fondamentaux, voir partie 1)

 

Taille réelle de l'Afrique Crédit: https://static.hitek.fr
Taille réelle de l’Afrique
Crédit: https://static.hitek.fr

 

La géographie comme clé de la puissance.

Qu’est ce qui a fait la puissance des États-Unis, de la Chine ou de la Russie ? Que pèse un pays comme le Cameroun ou le Gabon ou le Lesotho face à ces trois géants ? Que serait-il advenu si les États-Unis ne s’étaient jamais « unis » ? Pensez-vous que treize ou trente Etats « indépendants » auraient le même poids géopolitique que cet immense ensemble, grand comme la CEDEAO, que sont les USA ? Toutes ces questions entendent introduire le sujet de l’espace géographique comme critère de puissance.

 

La géographie comme source idéologique.

L’Histoire est catégorique : l’idéologie (géopolitique) est très intimement liée à la géographie. Les peuples, tout comme leur vision du monde, sont les enfants de leur milieu. Le troisième Reich, par exemple, n’a pas inventé le concept de lebensraum (espace vital) juste « comme ça » : c’est lié à la position centrale de l’Allemagne, « coincée » entre l’Europe de l’Ouest et les immenses ressources naturelles du territoire soviétique. La Russie s’est elle-même constituée comme puissance continentale au centre de l’Eurasie. De même, le mode d’expansion de l’empire anglais n’est pas anodin et s’explique par le fait que l’Angleterre est une île (ou plutôt un archipel) et ne pouvait étendre sa domination que par la voie maritime. L’Angleterre est donc devenue une très puissante thalassocratie (puissance maritime)*. Ceci explique toujours cela.

 

Alors, quelle idéologie pour l’Afrique ?

A présent, jetons un regard dépassionné sur une mappemonde, puis sur une carte de l’Afrique. Ignorons les frontières coloniales qui la segmentent comme des coups de machette sur une tranche de steak… Il faudra bien se rendre compte à un moment donné que l’Afrique est tout bonnement une gigantesque île de 30 millions de kilomètres carrés littéralement au centre du monde! (ça aussi, nous y reviendrons)

Carte du monde, projection de Peters - Centralité de l'Afrique
Carte du monde, projection de Peters
Crédit: idata.over-blog.com

Le Panafricanisme comme un impératif de l’histoire

Ces sentiers ainsi ébauchés, soutenons que le panafricanisme reste un impératif historique pour l’Afrique. De toutes les alternatives, c’est de loin la meilleure, tant pour notre renaissance en tant que grande puissance et grande civilisation, que pour notre survie pure et simple. Les exemples sont légions, il suffit de savoir regarder plus loin que le bout de son nez.

C’est ici que je laisse la parole à qui de droit :

 

Edem Kodjo-Festival international de géographie 2011
Edem Kodjo, Ancien Secrétaire Général de l’O.U.A. Homme Politique Togolais. Théoricien du Panafricanisme

L’idéologie de la puissance africaine existe : c’est le panafricanisme, qui prend le continent dans sa totalité comme espace géopolitique unique. Ce panafricanisme n’est pas une utopie. Il s’inspire des expériences historiques des autres peuples situés sur d’autres continents. Ce panafricanisme est la seule voie du salut.

Le panaméricanisme n’a-t-il pas servi de base idéologique à la création même, puis à la puissance, des États-Unis ? La France napoléonienne ne fut-elle pas contrainte de se défaire de la Louisiane, au nom du panaméricanisme ? L’Espagne ne dut-elle pas ensuite céder la Floride, la Grande-Bretagne évacuer le Sud-Ouest de sa colonie canadienne, et la Russie vendre l’Alaska ? Enfin, le Mexique, à l’issue d’une guerre impitoyable, ne perdit-elle pas presque la moitié de son territoire, qui revint aux États-Unis ? Il serait illusoire de ne pas reconnaître que la puissance actuelle des États-Unis d’Amérique trouve son origine dans ce concept de panaméricanisme qui, à Washington, voit dans l’ensemble du continent américain la sphère de prééminence de l’Amérique anglo-saxonne. Simon Bolivar, pour avoir voulu bâtir une fédération latino-américaine sur l’exemple de celle des États-Unis, fut énergiquement combattu par ces derniers, soucieux d’avoir à leur porte une zone d’influence et non une puissance rivale.

N’est ce pas le panslavisme qui, comme idéologie, a sous-tendu le développement de la puissance russe ? […] Les souverains de la Russie tsariste voyaient dans le panslavisme la doctrine de la renaissance soviétique. Même ceux qui n’étaient pas Russes, tels Joseph Staline, n’ont pas renié ce concept de panslavisme, puisqu’en 1943 se tenait encore à Moscou un Congrès des peuples slaves.

Et le concept de l’unité européenne ? N’est-il pas, lui aussi, un instrument de renaissance de la puissance de l’Europe face à l’univers panaméricain et au monde slave, dont la force est le résultat des rivalités entre nations du « vieux continent » ? Les dirigeants européens ont compris la nécessité de réaliser l’unité de l’Europe, pour qu’elle puisse retrouver sa splendeur passée par une mise en commun des ressources et énergies.

Et le concept de Pan-Asie ? Les Japonais ne l’ont-ils pas inventé comme base de leur puissance ? Recouvrant l’Asie orientale, l’Asie du Sud-Est, l’Australie, soit tous les territoires baignés par le Pacifique du Nord-Ouest, cette zone est appelée par les géopoliticiens et militaires japonais la « sphère de coprospérité de la grande Asie orientale ». […] Imagine-t-on la formidable puissance que représenterait l’Asie si le slogan « l’Asie aux asiatiques » venait à triompher ? La puissante technologique japonaise alliée à la masse chinoise ferait glisser le centre de gravité de la politique mondiale vers le Pacifique. […]

Et le panarabisme ? N’est-il pas, associé à l’islam, l’idéologie de la renaissance du monde arabe ? Se représente-t-on ce que pourrait être le monde arabe comme puissance si le panarabisme arrivait à rassembler tous les peuples de cette partie du monde dans une seule communauté d’intérêts, utilisant au mieux les ressources financières provenant du commerce du pétrole ?

 

Il en va de même pour l’Afrique, dont l’importance géopolitique serait mieux exploitée par la mise en œuvre d’un panafricanisme intelligent, rationalisé. Considéré non comme une idéologie de domination des autres peuples, mais comme une philosophie politique tenant à réunir tous les peuples du continent en une grande communauté d’intérêts, le panafricanisme parait l’unique moyen pour les Africains d’exploiter dans le sens de leurs intérêts propres les avantages que leur offre l’importance géopolitique de leur continent.

Les Africains doivent savoir que le panafricanisme est la seule voie qui, tenant compte des particularismes sous-régionaux et des traditions propres aux peuples africains, peut édifier, sur les données géopolitiques fondamentales que nous avons dégagées, la puissance africaine de demain. Il n’y a pas d’autre voie. L’horizon de la puissance est à ce prix. Edem Kodjo in Et demain l’Afrique, pp. 241-242.

 

Concluons ainsi ce survol de la genèse des grands blocs mondiaux. Dans le prochain volet, intéressons-nous aux configurations mondiales actuelles, à leurs mutations, et à la place de l’Afrique (et du panafricanisme) dans cette recomposition des équilibres.

Le but sacré de tout peuple sain d’esprit et en possession des ressources nécessaires n’est pas d’être un vulgaire pion sur l’échiquier d’autrui, mais d’illuminer le monde – Par la force de la lutte, par le travail et la souffrance, par l’abnégation et la vigilance permanentes, par la sueur, le sang et les larmes, au prix de tous les sacrifices nécessaires, de s’élever vers les plus hauts sommets et de se bâtir une grande civilisation. Toute autre ambition mérite à peine d’être évoquée. A.R.D-A.

 

Bien à vous.

 


 

* Nous reviendrons plus loin sur la dialectique thalassocratie/téllurocratie (puissance navale/puissance terrestre) ; un sujet qui ne manque pas d’intérêt, c’est le cas de le dire.


A l’orée du mot

A l'orée du mot, un sourire enchanteur
Crédit: https://survolerparis.com

A l’orée du mot

Un crépuscule lacunaire dessine l’existence humaine

En pointillés

L’Homme est le mot qui s’est habillé pour sortir

Pour prendre l’air, là où les choses peuvent mourir

Là où les sourires portent une minijupe et des bracelets dorés

Allons donc, là-bas, de l’autre côté du mot

Chercher ces sourires aguicheurs

 

A.R.D.-A.


Deuil : pour tous ceux que nous avons perdus

Le deuil, une expérience solitaire
Deuil
Crédit: lexpress.fr

« A tous ceux qui s’en vont

Comme s’ils revenaient un quart d’heure plus tard

Et qui ne reviennent jamais

A tous ceux qui s’en vont

Comme ils étaient venus

Et emportent avec eux, des morceaux de nous »

 

« Vendredi soir, tu rentres chez toi, après une rude journée. Pourtant tu as le sourire aux lèvres, car la soirée promet d’être agréablement bien remplie, tout comme le week-end… et c’est là que ta mère rentre aussi, livide, les yeux encore marqués par des larmes qui viennent à peine de sécher – elle t’apprend alors que ton cousin, ton tout petit cousin, est décédé. Quelque part, il y a une grosse météorite qui a dévié de sa route et vient te heurter de plein fouet. »

 

Salutations chères toutes et chers tous,

Le deuil, comme la mort, est une expérience solitaire particulière. Entre douleur et incompréhension, entre larmes intérieures et crispations de colère, on navigue ainsi, meurtri et chancelant, sur des eaux troubles et acides.

Et parce que  que nous passons tous par-là, je ne serai pas seul à parler ici, la parole est partagée avec mon camarade, Archer de son état, Laurier.

 

Le Deuil

La façon la plus juste de se le représenter, serait peut-être l’image d’un pieu, qui viendrait « vam » se planter en plein dans notre cœur alors que vous vous-y attendez le moins. C’est comme être frappé par la foudre alors que le temps est parfaitement clair, le ciel parfaitement bleu. Car la mort donne rarement de préavis, rarement de signe avant-coureur, rarement de chronogramme de « comment les choses vont se passer ».

Et le pieu, lentement, très lentement, méthodiquement (sadiquement) sera retiré par vos soins et celui de vos proches, tout aussi meurtris, tout aussi brisés, tout aussi sidérés. Car le pieu doit sortir, bon gré mal gré. Cela s’appelle « le deuil ».

Mais, quelle audace qu’elle a quand même, cette Mort, qui vient ainsi, jusque dans votre jardin à vous, ravir votre proche à vous : votre père, votre frère, votre sœur, votre cousin, votre cher(ère) et tendre. Cela n’arrive donc pas qu’aux autres !? Vous aurait-on trompé, vous ne seriez donc pas le centre de l’univers, vous ne seriez-donc pas différents des autres ? Et Dieu, ce monsieur (ou cette dame) que nous prenons la peine de prier tous les jours, il était où, en congé?

 

Laurier : Quand nous apprenons qu’une personne qui nous est chère n’est plus, l’on sent la terre se dérober sous nos pieds. L’on se demande pourquoi. Pourquoi elle ? L’espace d’un instant, la réalité semble fiction. Nos pensées se bousculent dans un tumulte. L’on accuse Dieu, l’on blasphème proférant toute sorte d’invectives à son endroit, le menaçant presque de le renier s’il ne faisait pas revivre notre défunt.

 

Et puis s’en vient le vide, béant, vorace, dévastant tout sur son passage.

Laurier : Très vite, nous sentons le vide laissé. C’est la fin de l’histoire commune vécue avec le défunt. Une partie de nous le rejoint. Des souvenirs, quelques photos seront désormais ce qui nous restera. Les condoléances fuseront de partout. Amis, collègues, camarades, apporteront du soutien, du réconfort par leur présence, espérant qu’en partageant notre peine, cela nous rendra moins triste. Mais un deuil se fait seul. Parce que c’est seuls que nous souffrons. Le soulagement apporté par la présence des autres est momentané.

Dans cette détresse que nous subissons, nous flirtons avec la plus fragile version de notre personnalité. Nous découvrons d’autres pans de notre personne. Ainsi aux prises avec la douleur : « nous découvrons quelles sont nos limites, nos qualités, nos défauts, etc.

 


 

« Rien ne dure dans ce monde cruel, pas même nos souffrances » Charles Chaplin.

 


 

Viens, viens, viens et coule, temps ami. Viens doucement panser mes plaies. Viens, oubli frère, gommer de ma pensée ces taches de sang et de larmes.  Anges et démons, versez donc du vin dans ma coupe, remplissez-la à raz-bord, que j’y noie mon âme lacérée, que j’y jette mes yeux qui ont vu l’être cher partir.  Coule, coule, temps ami, et emporte avec toi les larmes et pleurs, ne laisse que le reste… ne laisse que ce qui brille.

 

Laurier : Plus le temps passe, plus la douleur qui autrefois était vive devient terne. Le temps se fait notre ami. Lentement il pansera nos plaies, nous ramenant progressivement vers un quotidien plus acceptable, plus agréable. Pour certains la mort est salvatrice parce qu’y trouvant l’ultime solution à leurs problèmes, pour d’autres elle est malheur, parce qu’elle les arrête dans leur cheminement. La mort n’est pas égale pour tout le monde. Quand une personne âgée (80 ans ou plus) décède, nous pouvons dire qu’elle a bien vécue et n’a pas forcément perdue quelque chose. Par contre, lorsque c’est une personne jeune qui meurt, elle n’a pas eu le temps de vivre.

Tu n'est plus là où tu étais, mais tu es partout où je suis. Victor Hugo
Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout où je suis. Victor Hugo
Crédit: comemo.org

Face à la tyrannie de la mort, l’espoir et le sourire. Face à l’épée de Damoclès qui pend au dessus de nos têtes, et pire encore,  sur la tête de nos êtres chers, l’espoir et le sourire. La vie n’est précieuse que face à la mort. Quel plus bel hommage pour ceux qui ne sont plus que de vivre chaque instant, respirer chaque goutte d’air, comme autant de trésor qu’ils ne contemplerons plus. Comme autant de merveilles que nous nous faisons devoir d’apprécier en leur nom…

Vivre, rire, bondir, courir… Chérir leur souvenir.

Nous ne sommes pas seuls, nous nous drapons du voile de nos ancêtres, et nos êtres chers marchent dans nos pas, s’esquissent dans chacun de nos gestes…un peu comme notre ombre. Nous ne sommes plus seuls.

 

Laurier: Soyez là pour vous-mêmes d’abord et pour ceux que vous aimez ensuite. Ne vous négligez pas. Trouvez des gens qui vous rendront vos sentiments. Tout le monde mérite d’aimer, et d’être aimé en retour. Ne transigez pas sur ce point. Dansez, riez et partagez des repas avec vos amis, ceux que vous aimez. Les vraies amitiés, honnêtes et solides, sont miraculeuses parce que nous les choisissons, au lieu de fonder notre loyauté sur des liens de consanguinité. Choisissez-les avec soin, et aimez-les du mieux que vous le pouvez. Réalisez vos ambitions. Bâtissez une chose que vous serez fière de léguer à la descendance. Entourez-vous de belles choses. Au milieu de la grisaille et la tristesse qui envahissent souvent nos existences, sachez repérer l’arc-en-ciel et en préserver le souvenir. Trouvez la beauté en toute chose, même s’il vous faut parfois y regarder d’un peu plus près.

Ma parole est tombée !

 

Que dire de plus, si ce n’est esquisser un douloureux sourire face à la terre qui continue sa ronde. Ou peut-être, comme une consolation, se remémorer ces vers :

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.

Birago Diop, Souffles.


Panafricanisme: et si nous revenions aux fondamentaux?

Salutations chères toutes et chers tous,

 

Suite à un article tout à fait édifiant d’un camarade, sur la question du panafricanisme, ou d’un certain anti-panafricanisme à la marge, je me fais un petit devoir de discuter, un tant soit peu, sur ce sujet. Une nouvelle pomme de discorde en somme; enfin, quoique. Le passé a déjà montré que, par la magie du dialogue et de l’échange, des points de vue qui semblaient en apparence les plus inconciliables trouvaient aisément terrain d’entente. L’essentiel des frictions provient soit de quiproquos, de malentendus ou, plus bêtement, d’un manque de culture sur tel ou tel sujet, tant il est vrai qu’on a de grands risques de se tromper et de raconter des bêtises quand on parle d’un sujet qu’on ne maîtrise pas. Il va de soi que dans le présent développement, je fais radicalement abstraction des panafricains ou panafricanistes de comptoir, sur lesquels je n’ai pas les moyens de me prononcer.

Profitons donc de l’occasion pour déblayer un peu le terrain de la pensée panafricaine en quelques billets (billets dont celui-ci est le premier, naturellement).

 

Panafricanisme: de quoi il s’agit ?

Comme pour tous les sujets qui comptent (et fâchent), il y aurait beaucoup à dire et à redire mais, parce qu’une bonne culture vaut mieux qu’un mauvais clash, parce qu’il est toujours salutaire de revenir aux fondamentaux, je propose des pensées et des réflexions de quelques « panafricains » ou « panafricanistes », histoire de situer le sujet.

 

A tout seigneur tout honneur : Cheikh Anta Diop, Kwame Nkrumah et Edem Kodjo.

 

panafricanisme (6)
Pr. Cheikh Anta Diop, Historien, Egyptologue, Théoricien du Panafricanisme. Crédit: abagond.wordpress.com

«On vous nie en tant qu’être moral. On vous nie en tant qu’être culturel. On ferme les yeux, on ne voit pas les évidences. On compte sur votre aliénation, sur le conditionnement, les réflexes de subordination, et sur tant d’autres facteurs de ce genre. Et si nous ne savons pas nous émanciper d’une telle situation par nos propres moyens,  il n’y a pas de salut.[…] Parce que le conflit, il est partout, il est à tous les niveaux. Il est dans tous ces débats, il est jusque dans nos relations internationales les plus feutrées. Nous menons et on mène contre nous le combat le plus violent, plus violent même que celui qui a conduit à la disparition de certaines espèces. Et il faut [justement] que votre sagacité aille [jusque-là] »

Cheikh Anta Diop, Conférence à l’université de Niamey de 1984.

 

« Les forces dirigées contre nous, sont, et j’emploie le mot à juste titre, formidables » Kwame Nkrumah, discours d’indépendance du Ghana.

panafricanisme (2)
Kwame Nkrumah, Premier Président du Ghana. Théoricien du Panafricanisme.

 

« En fait, il peut arriver qu’un pays colonisateur offre l’indépendance à un peuple, non pas avec l’intention que l’on pourrait supposer à un tel acte, mais dans l’espoir que les forces positives et progressistes en seront endormis, et que l’on pourrait exploiter le peuple plus tranquillement. […] Il est beaucoup plus facile au chameau de passer, bosse comprise, par le chas d’une aiguille, qu’à une ancienne administration coloniale de donner des conseils sains et honnêtes, d’un ordre politique, au territoire libéré. Laisser un pays étranger, en particulier un pays qui a investi en Afrique nous dire quelles décisions politiques prendre, quelle ligne politique suivre, c’est vraiment rendre notre indépendance à nos oppresseurs sur un plateau d’argent. »

Kwame Nkrumah, Le consciencisme

 

 

Edem Kodjo-Festival international de géographie 2011
Edem Kodjo, Ancien Secrétaire Général de l’O.U.A. Homme Politique Togolais. Théoricien du Panafricanisme

 « L’Afrique contemporaine, par sa division consacrée par une mauvaise interprétation du principe de l’intangibilité des frontières héritées de la période coloniale, par sa faiblesse résultant de l’émiettement de ses forces dans un monde impitoyable, par l’influence grandissante des nouveaux impérialismes, ne semble pas avoir pris en main la détermination de son avenir et de son devenir. Il y a, dans l’histoire, des contradictions qui ne peuvent que donner matière à réfléchir aux esprits les mieux disposés à œuvrer dans le sens de la renaissance d’une Afrique puissante. Les guerres en Europe ont eu pour conséquence le reflux des puissances vaincues et la dernière guerre mondiale, marquée par la défaite de l’Allemagne, a été suivie par le réaménagement de l’espace géographique du Centre et de l’Est européens au détriment des Germains. […] Peut-on dire de même de l’Afrique d’aujourd’hui ? Les sacrifices assumés par les peuples africains afin de recouvrer leur liberté n’ont pas été couronnés par le réaménagement général de la carte politique africaine auquel on pouvait s’attendre. Les indépendances obtenues à partir des clivages laissés par les anciennes puissances coloniales eurent pour effet de consacrer les méfaits de la conférence de Berlin, c’est-à-dire la division des peuples en puzzle de territoires multiples gérés par des états sans avenir.

Nos peuples ont-ils lutté des décennies durant pour se retrouver comprimés dans les frontières artificielles tracées à leur insu un siècle auparavant ? Au lieu que l’histoire éclaire les démarches des Africains, au lieu qu’elle les aide à renaitre à eux-mêmes, l’on constate avec amertume qu’elle pèse lourdement sur leur destinée. Cette pesanteur de l’histoire se lit et se voit sur la carte politique du continent. Cette carte est le miroir qui renvoie à chaque instant et à chaque Africain l’image d’autrui, image qui se traduit par la perpétuation effective sinon juridique du partage de Berlin en 1885. Mais les ressources humaines et matérielles substantielles de l’Afrique, la possibilité de les utiliser pour féconder une civilisation forte et généreuse, dans le cadre de l’indispensable unité, donnent néanmoins espoir aux Africains des raisons d’espérer. »

Edem Kodjo (Ancien Secrétaire général de l’OUA), in …Et demain l’Afrique, PP 59-60

 

Livre; Et demain l'Afrique
Et demain l’Afrique – Edem Kodjo

« Que les Africains ouvrent les yeux sur les réalités du monde. Ils verront que les puissances industrielles, confrontées à d’intenses difficultés sociales avec leurs millions de chômeurs, ont déjà fort à faire pour réduire la pauvreté chez elles et qu’en toute logique elles ne peuvent situer au premier rang de leurs préoccupations l’éradication de la misère dans des contrées lointaines. Il nous faut donc, dans le cadre de la politique économique mondiale, nous convaincre que notre continent possède des atouts, et que nous sommes les seuls à pouvoir créer – avec ou sans aide extérieur – notre propre richesse par le développement, développement conçu en fonction de nos besoins. Lorsqu’ils se battent pour entrer dans le club des pauvres, convaincus qu’ils n’ont rien, attendant leur salut de l’étranger et acceptant d’être à la traîne des puissances extérieures, les africains se condamnent d’avance à n’être que des observateurs passifs de leur destin, alors qu’ils peuvent conduire par eux-mêmes le changement et réaliser leur propre développement. N’est-ce pas trahir les objectifs de l’indépendance que d’agir ainsi ? N’est-ce pas se soumettre d’emblée au bon vouloir de l’extérieur ? N’est-ce pas renier sa foi dans les destinées de l’Afrique ?

Dans l’histoire des temps modernes, la véritable indépendance des peuples colonisés s’est toujours marquée par une rupture déchirante des liens de domination entre les colonisés et les puissances colonisatrices. Toujours, il a fallu secouer la tutelle du Père, dissiper « son odeur », le remettre à sa place véritable, celle d’un interlocuteur à qui l’on s’adresse d’égal à égal, sans plus. »

Edem Kodjo (Ancien Secrétaire général de l’OUA), in …Et demain l’Afrique, chap.  le paradoxe de l’indépendance. p. 128

 


 

J’espère que ceci nous aura édifié et aidé à cerner quelque peu les contours de ce sujet épineux et passionnant. Nous poursuivrons bientôt ce que j’espère être une aimable causerie (autour d’un thé ou d’une bière, c’est selon 🙂 ) sur la question. Pour ma part, au sujet du panafricanisme ou l’anti-panafricanisme, question centrale et vitale, je considère que tout africain, raisonnablement doué de ses capacités, raisonnablement libre d’esprit, raisonnablement informé et raisonnablement disposé à y réfléchir, devrait arriver à la conclusion qu’une union ou une fédération est absolument nécessaire, et ce sans moindre mal.  A moins que la configuration mondiale change de manière très radicale, dans un avenir extrêmement proche (lors d’une chute de météorite ou le retour d’un Messie par exemple). Mais bon, nous y reviendrons.

 

Panafricainement vôtre.

 


À Dakar nous étions

Dakar

Nous sommes ces mots,
Ces doigts
Qui dessinent mille et un mondes, de clics en clics, de ‘’like’’ en ‘’like’’,
Ces arcs-en-ciel chantants qui fleurissent aux quatre vents
Aux quatre saisons et aux quatre âges de l’Homme

Qui dessinent le monde à l’encre de nos rêves ou le caricaturent, pour lui voler un sourire
Nos humanités éparses, semées au gré des hasards, des sourires, des mains tendues, des salutations et des ‘’Nangadef’’.

Nous sommes ces mains emmêlées, ‘’collées’’ (la petite) corps raccords, âmes à âmes, clique à clique, solitude à solitude, monde à blog.
Ces cuillères qui s’entrechoquent et font de la musique, autour du grand plat de riz, du grand plat du partage et de la satiété, ou pas. (Et chuuuuuuut, fait la bouche « Chantal » au petit matin – Et rebelote pour les coquillettes malaimées, « Demain est un autre jour, vous en mangerez quand même! », dit Chantal au soir) 
Nous sommes cette multitude d’ici et maintenant encastrés dans la chair du monde, juchés sur la chaire des mots.

Un jour, une certaine semaine,
Quelque part à mi-chemin entre nos rires et nos pleurs.
Nous nous sommes trouvés.

(CC) - Wikipedia
(CC) – Wikipedia


La démographie ou le miracle Africain

Salutations chères toutes et chers tous.

Évoquons aujourd’hui un des plus remarquables miracles de l’Afrique: sa démographie. On a tous entendu et réentendu cette fameuse phrase : en 2050, le quart de la population mondiale sera africain. C’est probablement le grand phénomène de repeuplement de l’histoire récente de l’humanité.

démographie (3)

L’Afrique est un continent, pas une île

Avant d’aller plus loin, une chose fondamentale: l’Afrique, messieurs et dames, est un CONTINENT : 30 000 000 de mètres carré! Ce n’est ni un pays, ni une île, ni une péninsule. Ne perdons pas cela de vue.

 

Esclavage et dépeuplement de l’Afrique

Pourquoi la démographie actuelle est un véritable miracle, et pourquoi parler de re-peuplement ? Tout simplement parce que le continent revient de loin, de très loin même. D’ailleurs, par rapport à sa superficie, même en excluant les déserts, il n’est pas si peuplé que cela. On fait encore pale figure derrière l’Asie, en termes d’habitants par kilomètre-carré.

démographie (2)~1

La notion de « Surpopulation » est en elle déjà problématique, et révèle une certaine méconnaissance de l’histoire du continent. L’Afrique Impériale a toujours été relativement peuplée, mais le ma’afa (le Grand Désastre, la traite négrière) nous a énormément couté en vies humaines. Les pertes s’évaluent entre 100 et 200 millions.

 « Au XVIe siècle, dans la plupart des régions d’Afrique subsaharienne, il existait des villes considérables pour l’époque (soixante mille à cent quarante mille habitants ou plus), de gros villages (mille à dix mille habitants), souvent dans le cadre de royaumes et d’empires remarquablement organisés, et aussi des territoires à habitat dispersé dense. […]

[…] A partir du XVIe siècle, la situation s’aggrava singulièrement. Les Portugais pénètrent le Congo, au sud de l’embouchure, ils conquièrent l’Angola, attaquent les principaux ports de la côte orientale et les ruinent, pénètrent dans l’actuel Mozambique. Les Marocains attaquent l’empire Songhaï, qui résiste pendant neuf ans. Les agresseurs disposent d’armes à feu, alors que les Subsahariens n’en ont pas. Des milliers d’habitants sont tués ou capturés et réduits en esclavage. Les vainqueurs s’emparent de tout : hommes, animaux, provisions, objets précieux…

Royaumes et empires sont disloqués, émiettés en principautés amenées à se faire la guerre de plus en plus souvent afin d’avoir des prisonniers qui pourront être échangés, notamment contre des fusils, indispensables pour se défendre et pour attaquer. Il en résulte des déplacements de populations provoquant de nouveaux heurts, des regroupements dans des sites refuges, la propagation d’un état de guerre latent jusqu’au cœur du continent. Les razzias se multiplièrent au point d’atteindre le chiffre de quatre-vingts par an, au début du XIXe siècle, au nord-est de la Centrafrique, d’après le lettré tunisien Mohammed el-Tounsy, qui voyageait au Darfour et en Ouaddaï (actuel Tchad) à cette époque. Le pourcentage des captifs par rapport à l’ensemble de la population s’accroît donc continuellement entre le XVIIe siècle et la fin du XIXe, et des « districts autrefois densément peuplés furent reconquis par la brousse » ou la forêt. » Pr Louise Maës-Diop

 

La récente explosion démographique

En l’état de nature, la population de l’Afrique connaissait une régulation simple : natalité forte – mortalité forte. Le mot d’ordre était simple : « la nature tue tout ce qui bouge, fais-donc un maximum d’enfants, parmi quelques-uns survivront ».

Crédit: https://www.ankhonline.com
Crédit: https://www.ankhonline.com

Cette régulation naturelle, couplée à l’état de délabrement politico-économico-social du Continent au sortir des cinq siècles d’esclavage, explique le taux d’accroissement naturel relativement bas. Mais, suite à la colonisation, avec l’introduction de la médecine prophylactique et autres, on verra la machine être relancée significativement (Natalité toujours forte – Mortalité en baisse). C’est heureux, ou plutôt c’est moins pire.

Cependant, la mentalité qui consiste à faire beaucoup d’enfants perdure encore aujourd’hui, notamment dans les campagnes, car les mutations ont eu lieu assez vite. La natalité que l’ainé Kpelly ne manque pas de fustiger vient de là.

Fait peu connu, au sortir des indépendances, certains intellectuels s’inquiétaient déjà de la faible démographie du Continent. L’actuel repeuplement apparait donc comme miracle de l’histoire. Un miracle comme il s’en produit très peu ; figurons-nous que les amérindiens, les aborigènes d’Australie ou de Tasmanie n’ont pas eu cette chance.

 

Le faux-problème de la surpopulation

Comme dit plus haut, l’Afrique est un Continent et doit se penser comme tel. Tous les pays n’ont pas la population du Nigéria ou de l’Egypte ; à côté, il y a des territoires beaucoup moins peuplés comme le Gabon. Bien qu’il faille dès maintenant œuvrer à un contrôle des naissances, il ne faut pas non plus être dans l’excès et perdre la tête. Tirons les leçons de l’expérience chinoise. Ils commencent à voir leur population légèrement décliner, ce qui a conduit récemment à un arrêt de la politique de l’enfant unique.

Proportion de la population suivant les continents - Wikipedia
Proportion de la population suivant les continents – Wikipedia

Urbanisation et baisse de la natalité

L’Urbanisation entraine une baisse de la natalité. C’est systématique (à cause de l’augmentation significative du coût de la vie et du temps de plus en plus long que l’on consacre aux études). Pour exemple : notre génération se comporte souvent de fratries de 3 à 4, alors que celle de nos parents comptait des fratries 7 et 10 sans problème. Les « jeunes » d’aujourd’hui, surtout ceux ayant grandi en ville, n’ont absolument pas l’intention d’enfanter une équipe de football.

Or l’Exode rural un fléau, crève le plafond ces dernières décennies. Qui dit exode rural dit « urbanisation » (même de manière délétère), donc baisse tendancielle de la natalité sur l’échelle du temps. Ça se fera sur quelques décennies, bien sûr. Voilà déjà un facteur de ralentissement sur le long terme.

 

Démographie – Géopolitique – Masse Critique

Il y a un rapport entre la démographie et la poids géopolitique. Un pays sous-peuplé a relativement peu de chance de peser lourd, peu importe sa puissance financière ou militaire. Par exemple, on voit mal la Suisse déclarer la guerre à la Chine.

Et demain l'Afrique

Dans le très excellent ouvrage « Et demain l’Afrique« , Edem Kodjo montre la relation entre un espace géo-économique raisonnable, une population raisonnablement importante et le développement. Le « développement » est extrêmement couteux en ressources matérielles et humaines. Ainsi, pour ce qui est de la recherche spatiale, cite-t-il:

Le nombre des membres du Club spatial ne risque pas de dépasser la quinzaine d’ici la fin du siècle (20è siècle, nda) car, pour en faire partie, il faudra disposer de grands moyens scientifiques, technologiques, militaires et financiers; en un mot: une masse critique… Il n’y a pas de place dans « l’espace »pour des ensembles de moins de deux cents millions d’habitants.  – Mahdi Elmandjra, cité par Edem kodjo.

200 millions d’individus…c’est le minimum de ressources humaines nécessaire pour se construire (Les pays européens vieillissants possèdent déjà les superstructures du « développement », ils n’ont pas à se « construire »), s’auto-gérer  et tenir ferme face aux grands ensembles actuels. Les micro-états africains peuvent donc aller se coucher (Tant qu’il vont en rangs dispersés, il n’ont pas voix au chapitre et ne l’auront JAMAIS).

Notez que la régression de l’Afrique est allé de pair avec son dépeuplement, comme c’est souvent le cas.

 

Le défi de la démographie

C’est certain, la démographie africaine est un défi. Mais une telle abondance de forces vives et dynamiques est le parfait terreau pour bâtir une civilisation très puissante et rayonnante en à peine un siècle. A condition de faire ce qu’il faut, et de changer le « problème » en ce qu’il est, c’est-à-dire une grande opportunité. Pour l’instant, ces forces vives se noient dans la Méditerranée ou vont faire la vaisselle dans les restaus d’Europe, donc faut voir…

Il nous faut des politiques souveraines aux échelles « nationale » et continentale. Ce serait malavisé de s’appuyer exclusivement sur des ONG ou autres Organismes Internationaux pour savoir combien d’Africains méritent de naitre ou pas.

 

Cette inquiétude autour de «la marée noire»

On peut se demander pourquoi on ne hurle pas autant après les pays d’Asie du Sud-Est. Certes, le quart de la population mondiale sera africain en 2050…mais plus de la moitié est déjà asiatique ! A tous ceux qui fantasment sur la question, il n’y aura pas de « péril noir », pas plus qu’il n’y a pas eu de « péril jaune ». Toutes les « vagues d’immigrations » ont été autorisées par les grands patronats occidentaux dans le but de réduire le coût du travail, pénalisant ainsi les masses laborieuses occidentales, suivant le principe de l’armée de réserve de Karl Marx.

 

Bien à vous

A.R.D-A.


Les résistances en Afrique Occidentale à la colonisation française – Fin

Salutations chères toutes et chers tous

Dernière partie de notre article sur les résistances en Afrique Occidentale à la colonisation française (ici la première partie), articles qui sont des extraits de l’ouvrage « Le mouvement de libération nationale en Afrique occidentale » de Nikolaj Ivanovič Gavrilov, pp 5-11. 

 


(…) Bien des historiens français, lorsqu’ils décrivaient les campagnes de conquête en Afrique occidentale, présentaient les chefs africains comme des « despotes sanglants », des « barbares », des « négriers ».

Décrivant les prétendues « cruautés » des chefs de la résistance africaine, les historiens de mauvaise foi ne poursuivaient qu’un but : tracer un portrait flatteur des chefs militaires français, en faire des porteurs de progrès, qui affranchissaient l’Afrique d’un « mal séculaire » pour lui donner accès à une « civilisation supérieure ».

colonisation

En réalité, les « despotes sanglants », c’étaient les « porteurs de progrès » eux-mêmes, les colonels et les généraux français, sous la direction desquels se déroulait la conquête de l’Afrique occidentale. Voici comment un officier français, qui avait pris part aux événements, décrit la prise de Sikasso en 1894 par les troupes coloniales : « Après le siège, l’assaut… On donne l’ordre du pillage. Tout est pris ou tué. Les captifs, 4 000 environ, rassemblés en troupeau. Le colonel commence la distribution… Chaque Européen a reçu une femme à son choix… On a fait au retour des étapes de quarante kilomètres avec ces captifs. Les enfants et tous ceux qui sont fatigués sont tués à coups de crosse et de baïonnette… » Ce témoignage est extrait du livre de Vigné d’Octon La gloire du Sabre, publié à Paris en 1900. On rencontre beaucoup de ces descriptions d’ « exploits » perpétrés par les soldats français. Souvent, l’armée coloniale dévastait des régions entières sans nécessité militaire aucune, et, comme le disaient les officiers français, seulement « à titre prophylactique ». Mais dans leurs rapports envoyés à Paris, ces « mesures prophylactiques » étaient décrites comme des combats acharnés s’étalant sur plusieurs jours menés contre « un ennemi supérieur en nombre ».

Au cours des guerres coloniales, l’Afrique occidentale a subi des pertes en hommes plus considérables qu’au cours de toutes les guerres locales durant tout le XIX siècle.

Pourquoi, malgré leur lutte héroïque, les peuples d’Afrique occidentale ne réussirent-ils pas à repousser l’assaut des colonisateurs ? Cela s’explique partiellement par la faiblesse militaire des Africains. Alors que l’armée coloniale était équipée d’un matériel moderne : artillerie, fusils à tir rapide, etc., les guerriers africains n²’avaient souvent à leur disposition que des arcs et des flèches, ou bien, dans le meilleur des cas, des fusils à pierre ou à piston. Évidemment, le rapport des forces n’était pas à l’avantage des africains. Cependant l’isolement fut la cause essentielle de leur défaite. Dans sa lutte contre les colonisateurs, chaque État s’appuyait, en règle générale, sur ses propres forces… Durant tout la période de l’ « épopée coloniale », c’est-à-dire durant les 25 à 30 ans, les Français n’eurent jamais en face d’eux un front uni de la résistance africaine. Bien plus. Les États africains occidentaux n’essayèrent même pas de s’allier entre eux, ils se déchiraient au contraire les uns aux autres. Les colonisateurs exploitaient habilement les guerres intestines des féodaux africains. Ils excitaient un État contre l’autre, pour, ensuite, se précipiter sur le « vainqueur » affaibli. Ainsi, les colonisateurs français réussirent à écraser un à un tous leurs adversaires avec une relative facilité.

Nikolaj Ivanovic GAVRILOV, Le mouvement de libération nationale en Afrique occidentale.


 

Addendum

Qu’il soit permis de faire remarquer la similarité (tragique) de la situation au XIXè siècle avec l’époque actuelle. Les mêmes causes conduisant aux mêmes effets, la désunion  des nations africaines aujourd’hui face aux manipulations intérieures et extérieures est pour beaucoup dans l’actuelle faiblesse du continent. Au lieu de songer à une intégration plus forte à l’échelle sous-régionale, voire continentale, les états actuels, obstinément et mièvrement tournés vers leurs anciennes métropoles le plus souvent, font le lit de leur servitude.  Maîtriser son passé est un impératif de survie, ne dit-on pas que « ce qui ignorent leur histoire sont condamnés à la répéter (ou à périr) »?

Ajoutons que si le présent article parle de l’épopée coloniale française, ce n’est qu’incident, il ne s’agit pas d’indexer particulièrement la France. D’ailleurs, en terme de massacres et de destructions, les français n’ont rien à envier aux anglo-saxons, aux ibériques et aux germains, passés maîtres dans l’art du massacre à grande échelle et de la violence organisée.

Il serait d’ailleurs contre-productif et paresseux de fustiger uniquement la France aujourd’hui, car, du reste, elle n’est plus vraiment aux commandes en Afrique, remplacée (chassée?) par des impérialistes peut-être plus subtils mais tout aussi implacables, sinon plus, notamment l’Empire américain et ses multi-nationales.

 

Ceci conclut assez éloquemment on l’espère cette petite incursion dans le passé, un passé relativement proche s’il en est.

 

Bien à vous

A.R.D-A.


Les résistances en Afrique occidentale à la colonisation française-1re partie

Salutations chères toutes et chers tous

Nikolj Ivanovic Gavrilov
de Nikolaj Ivanovic Gavrilov

Le présent billet ambitionne de faire d’une pierre deux coups: évoquer sommairement un sujet historique intéressant, c’est le cas de le dire (la colonisation et les résistances donc) et inaugurer cette petite rubrique « Coin Lecteur », où j’entends partager des lectures ou des extraits d’ouvrages tout aussi intéressants.

Le texte  à suivre est extrait de l’ouvrage « Le mouvement de libération nationale en Afrique occidentale » de Nikolaj Ivanovič Gavrilov, pp 5-11. Un assez vieil ouvrage, s’il en est, et qui nous vient de la charmante Union soviétique de regrettée mémoire, c’est dire!


 

(…) Selon de nombreux ouvrages occidentaux consacrés à « l’épopée coloniale », la population africaine aurait accepté de bon gré la tutelle française et accueilli les conquérants à bras ouverts. C’est un pur mensonge dont le but est de justifier les guerres de rapine. Les colonialistes français ont asservi l’Afrique par le fer et le feu, laissant après leur passage des cendres de villages incendiés, du sang et des cadavres.

Ahmadou Sekou "de Ségou" Crédit: Google Image
Ahmadou Sekou « de Ségou »
Crédit: Google Image

Au début de l’intrusion coloniale en Afrique occidentale, cette dernière comprenait plusieurs États indépendants : Cayor (sur le territoire du Sénégal actuel), Fouta-Djalon (sur le territoire de la République de Guinée), l’empire d’Ahmadou, qui s’étendait sur le Niger moyen (région de Ségou), les régions qui s’étendaient entre les rivières Bafing et Bakoïan, jusqu’à Dinguiraye. Un Etat militaire puissant s’était formé dans la région de Sikasso. DE 1870 à 1875, le vaste empire d’Ouassoulou s’était constitué en Afrique occidentale. Il s’étendait du Haut-Niger à l’Ouest., au royaume de Sikasso vers l’est, de Dinguiraye et du Fouta-Djalon et du Liberia au sud. L’empire, dont la ville de Kong était la capitale, se trouvait sur le territoire de la Côte d’Ivoire actuelle. Le Dahomey était alors un État prospère. Il y avait là également d’autres États de moindre importance.

Presque tous ces États furent finalement conquis et dévastés par les colonisateurs français. Mais aucun ne s’était soumis de bon gré aux conquérants. Partout, les envahisseurs s’étaient heurtés à une résistance énergique. Les peuples ouolof, toucouleur, bambara et malinké leur opposèrent une résistance très vive.

Vers 1860, les troupes coloniales françaises commencèrent à pénétrer à l’intérieur du territoire de l’actuelle République du Mali, mais les campagnes militaires ne prirent une vaste envergure que plus tard, à partir de 1880. Les troupes françaises eurent à mener une lutte de longue durée contre l’État d’Ahmadou. La prise de Ségou en 1890 leur coûta très cher, ses défenseurs leur infligèrent des pertes importantes. Des combats acharnés eurent lieu pour la conquête des villes Djenné et Bandiagara.

En 1893, les troupes françaises subirent une défaite sérieuse devant Tombouctou. Tout d’abord, les Français occupèrent la ville, mais ils en furent chassés par des détachements de Touareg. En janvier 1894, les Touareg anéantirent toute une colonne de troupes françaises sous le commandement du colonel Bonier. Les Français durent déployer d’immenses efforts pour récupérer les positions perdues.

En 1898, après de durs combats, les colonialistes réussirent à s’emparer de Sikasso qui comptait 40 000 habitants. Les défenseurs, commandés par Ba Bemba, inscrivirent une nouvelle page glorieuse dans l’histoire de la résistance africaine.

Samory
Samory Touré

En 1891 les colonisateurs accentuèrent leur pression sur l’empire d’Ouassoulou qui s’étendait, pour sa majeure partie, sur le territoire des Républiques actuelles du Mali et de la Guinée. Samory Touré, grand homme politique et capitaine de talent, qui se trouvait à la tête de cet empire, fut pour eux un adversaire plus sérieux qu’Ahmadou. Samory Touré avait sous son commandement une armée de 15 000 hommes, qui se distinguaient fort peu des troupes françaises régulières. Les soldats de Samory portaient un uniforme (pantalon jaune, verste et bonnet). Beaucoup d’entre eux étaient armés de fusils à tir rapide. « Conducteur d’hommes, en tout cas, il le fut, possédant l’audace, l’énergie, l’esprit de suite et de prévision, et par-dessus tout une ténacité irréductible, inaccessible au découragement », écrivait l’historien français Albert Sabatier.

Pendant près de vingt-cinq ans, les régiments de Samory résistèrent à l’armée coloniale française. D’un courage exceptionnel et d’un dévouement à toute épreuve, ses soldats – pour la plupart des Malinkés – infligèrent maintes défaites cinglantes aux unités françaises.

Ce ne fut qu’en 1898, avec l’aide de quelques traîtres, que les colonialistes réussirent à s’emparer du combattant inflexible pour la liberté des peuples d’Afrique que fut Samory. Exilé sur une des îles du fleuve Ogooué, il y mourait deux ans plus tard.

L’histoire a immortalisé d’autres héros qui défendirent la liberté de l’Afrique avec courage et abnégation, sans épargner leur vie. Lorsque la ville d’Ouossébougou, un des centres les plus importants de l’empire d’Ahmadou, fut prise par les Français, son chef, Bandiougou Diara préféra la mort à une captivité honteuse. Il donna l’ordre à la dernière minute de se faire sauter avec ses proches. Mais les combats se poursuivent même après la mort du chef. « La résistance, écrit l’historien progressiste français Jean Suret-Canale, se poursuit maison par maison ; les homme combattent jusqu’au dernier souffle ; personne ne s’est rendu. Le charnier est tellement effroyable que les officiers renoncent à compter les morts. Des hommes tels que Bandiougou Diara étaient nombreux.


 

 [A suivre]

 

Bien à vous

 


De l’inconvénient d’être né… au 20e siècle (et de vivre le 21e)

Salutations chères toutes et chers tous

De l'inconvénient d'être né (5)L’an de grâce 2015, à peu près deux mille ans après Yeshua ben Yosef, plus connu sous son nom de scène, « Jésus-Christ de Nazareth ». Nous sommes au 21e siècle donc, ou plutôt à ses débuts. La plupart d’entre nous viennent du siècle qui a précédé : l’âge des deux guerres, de la modernité, du progrès technique et des droits de l’homme. A bien y regarder, ce n’est peut-être pas le meilleur temps pour faire son passage sur cette planète. Parlons donc de l’inconvénient d’être né aux 20e – 21e siècles.

Cette sensation aigre-douce de fin de l’histoire

Même si nous sommes dans du culte de la nouveauté frénétique et de la mode, notre siècle ne peut pas se débarrasser de cet étrange arrière-goût de la fin de l’histoire, pour reprendre la formule de Hegel (et un peu Fukuyama). Non pas que l’histoire s’arrête (ça n’arrivera pas avant extinction de l’espèce), mais que l’essentiel et le meilleur de la présente civilisation soient derrière nous. Que ce soit en musique (Mozart, Beethoven, Miles Davis, les Beatles, etc.), en littérature (Balzac, Rimbaud, Baudelaire, Tolstoï, Dostoïevski, Ben Okri , Tokien, J.K. Rowling, et beaucoup d’autres) ou encore en art (allant de De Vinci à Picasso, en passant par Dali et les grands maîtres-sculpteurs yoruba).

Hormis en sciences et encore!, tout le reste de nos « innovations » ne sont que des reprises, des dilutions ou des déconstructions de grands mouvements et de grands génies du passé. Plus que jamais, l’expression « Nil novi sub sol » (rien de nouveau sous le soleil) prend son sens. Même le rap, à bien y regarder, n’est pas « nouveau » en soit et est en bout de course. Et çà c’est notre époque.

Entre deux grandes époques :

Entre l’ancien âge et le nouveau, notre siècle.

La période des grandes explorations est terminée. Il n’y a plus de terre mystérieuse ou de « contrée lointaine et inconnue » sur cette bonne vieille planète; plus de tache blanche sur les cartes, tout a été comblé. A l’inverse, la phase de l’exploration de l’univers n’en est qu’à ses balbutiements, cela prendra encore du temps avant de se la jouer Star Wars.

Pour explorer le monde en se lançant dans des expéditions audacieuses, il aurait fallu naître deux à trois siècles plus tôt (voire même remonter aux belles épopées du Mansa Abubakri II, de Marco Polo, des Vikings ou même de Simbad?)… et pour explorer l’univers, il aurait fallu naître un à deux siècles plus tard.

Siècle charnière et siècle charnier

De même, le 20e-21e siècle est une phase charnière dans la marche du monde, marquée par la mondialisation et le mondialisme, par de graves conflits mondiaux pour  restructurer l’échiquier géopolitique mondial et la répartition des ressources (la Première Guerre mondiale, c’était il y a à peine un siècle). Il s’agit aussi du summum de la lutte à mort entre le Capital et le Travail : les 1 % les plus riches contre les 99 % restant, faites vos jeux.

La boucle de ces cycles de violence va probablement se refermer avec un ultime conflit majeur (mondial ?) qui nous pend au nez comme une épée de Damoclès. Eh oui, la Troisième, elle s’amène, à pas feutrés mais elle s’amène. Ce sera peut-être un véritable carnage, à la mesure des forces et des armements en présence.

L’âge de la pollution et du gaspillage

Crédit: www.chambery-metropole.fr
Crédit: www.chambery-metropole.fr
Crédit: www.marketing-chine.com
Crédit: www.marketing-chine.com

Jamais l’être humain n’a autant produit avec facilité, et jamais il n’a autant gaspillé. Il est bien loin, le temps où ne prenions que ce dont nous avions besoin.  Que ce soit dans l’agriculture, dans l’industrie ou dans la pêche, nous sommes en surproduction permanente.

Les pays dits « développés » et leur société de consommation nous entraînent dans ce cercle vicieux encore et encore et encore : produire massivement et jeter massivement. C’est un gaspillage qui ne dit pas son nom. Tout cela va de pair avec la pollution monstre, on ne compte plus les villes-cheminée dont l’air est irrespirable : le rejet de fréons, monoxydes de carbone, dioxydes de carbone et autres joyeux gaz à effet de serre dans la nature, tout ça tout ça.

 Crédit: www.viande.info
Crédit: www.viande.info

Sur l’échelle du temps, c’est à un véritable carnage, une mise à sac de la planète, aussi vertigineuse qu’irraisonnée, que se livre le genre humain, car il est évident que l’homme scie la branche sur laquelle il est assis. La nature nous survivra, l’inverse est loin d’être vrai.

Le « réchauffement » climatique et les tragiques dérèglements des saisons de part et d’autre, ainsi que les préoccupations écologiques qui montent sont le signe de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ce n’est pas très reluisant.

L’âge d’or des inégalités sociales

S’il y a aujourd’hui suffisamment pour nourrir à peu près tout le monde, il n’y a jamais eu autant d’affamés. S’il n’y a jamais eu autant de milliardaires, il n’y a jamais eu autant de (très) miséreux non plus. La structure très profondément inégalitaire du système dominant, enfanté par l’épopée capitaliste, nous impose une telle laideur. Un fossé de plus en plus grand entre les couches sociales à l’échelle mondiale : une poignée de riches qui deviennent de plus en plus riches, et une écrasante majorité de faibles et de pauvres, de plus en plus pauvres et démunis.

Pour l’Afrique

Afriques
Afriques

Pour les nations (et les Etats-nations) africaines, cette période aura été, à bien des égards, un gâchis, une succession ininterrompue d’occasions manquées pour régler la dette de l’Histoire et retrouver les chemins de la grandeur. A l’esclavage aura succédé la colonisation, aux espoirs des indépendances auront succédé l’ère des dictateurs fantoches.

Le demi-siècle qui succède aux indépendances peut donc sans trop de problèmes être ajouté aux cinq à six cents ans qui ont précédé. Nous avons obtenu des drapeaux et tout, mais rien n’a vraiment changé, les esclaves sont toujours des esclaves et les sangsues toujours des sangsues. Les chaînes ont changé de forme et de position (passant des mains aux cerveaux) mais sans plus. Il est bien loin l’âge de l’Afrique impériale.

Notre siècle, notre responsabilité, nos défis

Tout ceci étant dit, ce siècle est le nôtre. Votre époque, c’est comme votre famille : vous ne les choisissez pas.

Et il y a largement de quoi se consoler. C’est aussi le siècle d’Internet, du pop-corn et des chips (on oublie souvent les chips). C’est celui des grands voyages transcontinentaux, Moscou, Tokyo, Malabo, Tanger, Abuja, Katmandou, Jakarta ou encore Berlin, Rio de Janeiro…  Allez tenter ce genre de voyages à l’époque de Soundjata Keita. C’est le siècle des mouvements d’émancipation, du féminisme (avec toute son ambiguïté, oui).

D’autre part, chaque génération s’appuie sur le travail et les sacrifices de ceux qui les ont précédés, ainsi il est de notre responsabilité de bâtir et de forger ce monde mirifique de demain, ceci est notre défi. C’est à la fois un privilège et une malédiction rare d’assister à ces grands changements radicaux, ces carrefours entre l’Ancien Monde et le nouveau, où le monde s’apprête à bondir vers de nouveaux horizons ou à tomber dans le fossé de l’autodestruction et de l’épuisement des ressources.

En ce siècle, l’humanité joue sa vie à quitte ou double sur l’échelle du temps. Et nous, sept milliards d’humains accrochés à des hamburgers ou des galettes d’argile, à nos télécommandes ou nos kalachnikovs, à nos livres centenaires ou aux souris de nos ordinateurs, nous sommes là pour le voir et le vivre. Brrrr

Bien à vous, frères et sœurs d’humanité,

A.R.D-A.


APPEL A CANDIDATURE POUR LE PREMIER TOME D’ANTHOLOGIE DES PLUMES ÉMERGENTES DE POÉSIE D’AFRIQUE FRANCOPHONE

Salutations chères toutes et chers tous

Je profite du canal qu’est mon blog pour faire passer le suivant message, à tous les camarades auteurs poètes, amoureux de la chose poétique :


APPEL A CANDIDATURE POUR LE PREMIER TOME D’ANTHOLOGIE DES PLUMES ÉMERGENTES DE POÉSIE D’AFRIQUE FRANCOPHONE

Nous souhaitons recevoir des poèmes d’auteurs déjà publiés et de personnes qui n’ont pas encore eu l’opportunité de publier leurs œuvres. Les thématiques des poèmes sont laissées aux soins des poètes. Les productions feront l’objet d’une publication.

 

Qui initie ?

L’Association Culturelle et littéraire LITTERACTEURS et LES EDITIONS DU TAMARIN.

LITTERACTEURS

L’Association Culturelle et littéraire LITTERACTEURS se donne pour mission, d’œuvrer dans les domaines de la culture, spécifiquement au Bénin et partout dans le monde. Elle implique dans ses domaines d’activités, les arts visuels (Bandes dessinées, cinéma, peinture,…) ; les arts de la scène (humour, théâtre, conte, danse, slam) ; les arts médiatiques (photographie, radio, télé…) ; les arts graphiques et les littératures. En collaboration avec les éditions du Tamarin, réalise le premier tome d’Anthologie des Plumes Émergentes de Poésie d’Afrique Francophone (PEPAF).

 

LES EDITIONS DU TAMARIN

Conçue en 2011, les Editions du Tamarin ont commencé à fonctionner en 2013.

Deux amoureux du métier (un graphiste et un correcteur) qui ont travaillé avec presque toutes les maisons d’édition au Bénin, ont décidé, au nom de leurs expériences et de leur perspective d’autonomisation de l’édition africaine, de mettre sur pied cette structure. Ainsi, voulaient-ils être au service des jeunes auteurs, leur faciliter l’accès à l’édition, les accompagner dans leur quête de l’écriture et promouvoir l’à-venir des littératures béninoise et africaine. S’enrichissant de rencontres, et de collaborations, ils parviennent à étoffer leur équipe afin que trois mots justifient leur confiance auprès des lecteurs : la qualité, la qualité et encore la qualité.

 

Qui peut être candidat ?

Tout poète Africain, de moins de 35 ans qui réside dans un pays africain ou non, peut déposer sa candidature. Nous encourageons les poètes qui n’ont jamais publié de recueils et ceux qui proviennent de groupes minoritaires (ex. Jeunes, groupes marginalisés, femmes, etc.) à déposer leur demande.

 

Objectifs et priorités

La création d’œuvres alternatives à travers de nouvelles voix dans lesquels l’émotivité et la passion caractérise les plumes émergentes que nous sommes. Ce projet ravivera cette fibre dans le but d’influencer positivement leurs carrières et d’aiguiser leurs plumes. Par cette anthologie, nous voudrions lier nos liens en dehors des lieux distincts que chacun habite, nous raconter (conter ?) l’un à l’autre, se raconter et nous mener l’un vers l’autre. Aussi, nous voudrions faire entendre et étendre les voix nouvelles de la poésie africaine. Afin qu’elles parlent leurs vies, leurs vues (de l’Afrique et du monde), leurs rêves, leurs illusions, leurs espérances, leurs afflictions, leurs amours, leur « eux » au final. Donner donc à dire, et à lire cette génération nouvelle que nous sommes.

Dans le cas où une contribution est choisie pour la publication, en soumettant celle-ci, le Participant accorde aux organisateurs le droit exclusif et perpétuel de publier la contribution ainsi que toute information de fond qu’il/elle aurait fourni, à travers le monde, sans qu’il/elle ne reçoive de royalties. Les participants seront intégrés dans un réseau de poètes. Nous encourageons la soumission de poèmes marqués par la créativité ; la passion pour l’Afrique ou non ; le lyrisme ; l’ontologie ou non de nos réalités endogènes ; nos craintes ; nos espérances, nos pleurs, nos joies… plus brièvement, la poésie en nous.

Nous espérons également, que cette initiative sera le point de départ de la création d’un grand mouvement poétique qui contribuera aux discussions sur le développement de l’Afrique et à la réflexion sur la poésie en Afrique en tant que genre littéraire.

 

L’Edition

L’ouvrage sera édité aux Editions du Tamarin.

Chaque poète recevra deux exemplaires de la publication. Le livre ne devra faire l’objet d’aucune vente, ni sur le territoire de publication, ni ailleurs. De sus, des exemplaires seront mis à la disposition des Bibliothèques Nationales dans les instituions (et africaines, et francophones) susceptibles d’en faire une large diffusion. Le but étant de faire la promotion des « voies et voix nouvelles » de la poésie d’Afrique.

 

Quelles sont nos attentes ?

La sélection des participants se fera par un comité mis sur pied.

 

CHOIX DES MOTS : Des mots forts et révélateurs de la sensibilité, des paysages et de l’histoire de l’Afrique. Ces mots doivent anéantir les idées reçues, survoler l’ordinaire et sortir des sentiers battus. Les poèmes devront avoir une structure claire et un rythme exquis. La structure des poèmes devra épouser le rythme choisi par l’auteur.

 

Modalités de dépôt des candidatures

Veuillez envoyer tous les dossiers à l’adresse e-mail : anthologiepepaf@gmail.com et citer en objet “Anthologie de Poésie Francophone d’Afrique ” Le dossier de candidature complet comprendra:

1) Poèmes : cinq poèmes (de votre choix et de votre goût)

2) Biographie : (150 mots au maximum) sur vous et votre expérience littéraire (vos orientations, vos approches à l’écriture, votre vision de l’écriture par rapport au monde et à vous-même, …)

3- Une Photo d’identité ou non (vous mettant en valeur)

4-Adresse complète (coordonnés téléphoniques, pays, ville, code postale, Email, contact WhatsApp* [Nécessaire pour la mise en réseau interactif]…)

  

Préoccupations et Contacts

Si vous avez des questions, veuillez nous écrire à l’adresse : anthologiepepaf@gmail.com* en mentionnant en objet : «Anthologie de Poésie Francophone d’Afrique ».

Ou contacter directement :

  • Djamile Mama Gao, Auteur, Artiste (Slam/Spoken Words), Directeur de la collection « Alizé » (poésie) aux Editions du Tamarin et Président de l’Association LITTERACTEURS. Contact : +229 951 279 95, E-mail : negrdjamile@gmail.com
  • Yves Biaou, Ecrivain, Rédacteur et Vice-président de l’Association LITTERACTEURS. Contact : +229 662 251 59, E-mail : biaouyves@gmail.com 

 

Suivez-nous sur Twitter : @APEPAF//Anthologie PEPAF

Date butoir : Les dossiers de candidature au complet doivent nous parvenir au plus tard le 30 octobre 2015 à 00h GMT. Pour éviter des soucis de dernière minute nous encourageons les candidats à soumettre leurs dossiers avant la date butoir. Les organisateurs se réservent le droit d’apporter des amendements à ces modalités au besoin et, en cas de situation exceptionnelle.

La soumission de votre candidature implique l’acceptation de ces règles.

Fait à Calavi, le 16 juin 2015


Bien à vous