Panafricanisme Partie 4 – De la radicalité effective

Salutations chères toutes et chers tous

 

Quatrième partie de notre série sur le panafricanisme (Partie 1 : les fondamentaux, Partie 2 : les leçons de l’histoire, Partie 3 : l’Afrique des grands blocs)

 

Nkrumah et Mohamed V - Conférence de Casablanca

Mohamed V et Kwame Nkrumah – Conférence de Casablanca – Crédit : http://zamane.ma

De la radicalité effective

Il n’y a d’efficacité que dans la radicalité. Comme le résume si bien l’empereur Joseph II d’Autriche : « Les grandes choses doivent être exécutées d’un seul coup». A la conférence d’Addis-Abeba, Senghor et Houphouet-Boigny(Le groupe de Monrovia) ont battu en brèche le projet de Nkrumah et autres (le groupe de Cassablanca) et ont choisi la voie des nationalismes épars en suggérant de « se revoir dans cinquante ans »…Et bien nous y voilà, cinquante plus tard : Des états fragiles ouverts à tous les intérêts et influences« lits sans drain de toutes les eaux du monde », comme le dirait le Poète  des intégrations régionales (encore) à l’état embryonnaire. La surmultiplication des étapes avant l’état fédéral ralentit la marche de notre histoire. Les états africains dans leur configuration actuelle sont condamnés à l’inertie.

L’inertie c’est la mort. A.R. D-A.

Les territoires africains au sortir de la conférence de Berlin - Jusqu'aujourd'hui, rien n'a changé, rien n'a bougé.

Les territoires africains au sortir de la conférence de Berlin

Micro-nationalismes et micro-visions politiques

Après plus de cinquante ans de micro-nationalismes et de chevauchées solitaires, nous devons nous rendre à l’évidence : ça ne marche pas et ça ne marchera jamais. Le fond entraine la forme et la forme conditionne le fond. Sans profondeur historique réelle, les micro-états sont condamnés à avoir des micro-visions et des micro-pouvoirs politiques. Et la profondeur historique, on ne va pas l’acheter chez l’épicier du coin ou à la FMI, on l’a ou on ne l’a pas.

 

Divisés donc dominés

Au Sud du Sahara, l’influence réelle de la plupart des « gouvernements » s’arrête aux frontières des capitales, en plus de quelques grandes villes. Tout le reste étant des no man’s lands  politiques encore plus férocement livrés aux déprédations des intérêts privés trop souvent étrangers. Toutes les théories d’intégrations sous-régionales ont échoué, sacrifiées sur l’autel d’intérêts intérêts égoïstes micro-nationalistes…avec les applaudissements des intérêts extra-africains, trop contents de voir le « diviser pour mieux régner » marcher à la perfection.

 

Les frontières actuelles - fragmentaires, inertes

Les frontières africaines actuelles: une Afrique fragmentaire, morcelée, éparse. (Crédit: Google Image)

Des « souverainetés »

Il ne s’agit pas de voler aux états et micro-états africains leur précieuses « souverainetés » mais plutôt de fédérer les ressources et les forces pour ce qui est du « Sérieux » et des secteurs lourds : Défense, Éducation, Génie Militaire, Industrie lourde, Diplomatie, Santé, Sciences & Techniques, Recherche de Pointe, Macroéconomie etc…). (A titre d’exemple, un pays comme le Sénégal ou le Bénin n’a absolument aucune chance d’envoyer un homme sur la lune pour ce siècle, mais la CEDEAO ou la SADC peut oser rêver de ce genre de prouesse) Le reste sera certainement laissé à la discrétion et l’appréciation des pouvoirs locaux.

Séparés, nous sommes faibles, manipulables et corvéables à souhait. Unis nous sommes forts. Tout le monde le sait (certains le redoutent), tout le monde le sait…sauf les Africains.

 

Les Pays Pivots

Comme tout édifice repose sur des piliers, une union panafricaine s’appuiera à terme sur des pays-locomotives, des pays pivots. A pied levé, citons-en cinq:

Pays Pivots  (Notons le rapport avec la démographie)

Les pays Pivots ou locomotives de l’Afrique (Notons le rapport avec la démographie) – Crédit: slideplayer.fr

 

 

Afrique du Sud : Locomotive de l’Afrique Australe. Seul représentant de l’Afrique dans « la cour des grands » ( Membre du G20 et membre des BRICS)

Congo : Le Congo est le cœur de l’Afrique, dans tous les sens du terme. Inutile d’évoquer l’insolente richesse minière, halieutique ou encore sylvicole de ce territoire mille fois béni des dieux. Son extrême richesse lui vaut d’ailleurs les millions et les millions de morts qu’elle connait depuis plus d’un siècle. La libération continentale commencera au Congo ou y finira. C’est dire l’extrême importance de ce pays.

Égypte : Une des plus grandes armées et une des démographies les plus dynamiques du continent, un grand pouvoir diplomatique. Pays charnière entre le Maghreb, le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Est, actuel gardien des vestiges de l’ancienne civilisation de Kémet (Égypte antique)…L’Égypte est d’une très grande importance, notamment en tant que pays leader dans le Maghreb.

Éthiopie : Plus vieille nation d’Afrique. Pivot géopolitique majeur de l’Afrique du Nord/Est, déjà siège de plusieurs instances supranationales.

Nigeria : valablement nommé le géant de l’Afrique, première économie du continent, première démographie du continent, premier producteur de pétrole, à cheval entre l’Afrique Centrale et l’Afrique Occidentale, puissance naturelle de l’Afrique Occidentale. Et la liste continue…

 

Le Politique…rien ne vaut le politique

Bien sûr, au-delà des projections géoéconomiques, le projet est avant tout politique (basé sur la volonté et le leadership!). N’importe quel pays peut donc se muer en puissance accélératrice de ce mouvement de Renaissance Africaine, à condition d’avoir le bon leader. Nous ne saurions insister sur ce point. Comme le dit le Dr Gadio:

« L’Afrique a besoin de trois choses: le Leadership, le leadership et le leadership ». Dr Cheikh Tidiane Gadio

On peut donc rêver de la Guinée équatoriale, l’Angola, la Tanzanie, le Tchad, le Sénégal, le Kenya, le Zimbabwe de Mugabe etc…comme il en fut le cas pour la Libye de Kadhafi jusqu’à son assassinat tragique et le retour brutal de ce pays au stade tribal (Vive la démocratie!).

 

Du leadership politique

Leadership – Crédit: http://i.huffpost.com

Le leadership politique (encore)

Pour ceux qui doutent de l’extrême importance du leadership et de la volonté politiques, regardez les grands changements dans la géopolitique mondiale avec l’avènement du remarquable Vladimir Poutine. Ce dernier illustre la convergence parfaite entre la volonté politique et les moyens géopolitiques. C’est ce qui s’appelle « avoir la politique de ses moyens et les moyens de sa politique ».

 


 

Dans le prochain et dernier volet, abordons la question de l’éveil politique et mental. Car il en faudra, de la sueur, des larmes et du sang, de l’abnégation et de l’obstination,  et un sursaut collectif pour bâtir l’édifice rêvé. Comme dirait l’autre, « l’horizon de la grandeur est à ce prix ».

 

Bien à vous

 

A.R.D-A.

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