Noirceur

Et me viendraient
Des lingots de souffrance
Et des quintaux de sang
Des jarres de désespoir
Et des gorgées de pleurs
Semées
Essaimées dans le vent fertile
D’un mot-révolution…
Il y a tant de cadavres dans ma pensée
Tant de corps désossés
et démembrés
et désassemblés

Ma pensée est une grande fosse commune
Un cimetière à ciel ouvert qui roule à tombeau ouvert
Sur les sentiers du vice et du doute
Et enfante des chrysalides-Choléra et des papillons-Renaissance
Une cité à l’après-guerre, ilot de putrescence
Où fermentent
Les espoirs égorgés
Les peaux lacérées
Les chaines resserrées
Les mains ensanglantées
Les yeux désenchantés
Les yeux crevés
Les yeux arrachés
Les yeux enfoncés
Les yeux frits dans l’huile…juste pour rire
Les yeux cuits à point
A la vapeur
Au bain-marie
A la bombe H.

Ma pensée est un récif jonché de mains coupées
Les bras émiettés, les bras obstinés
Qui se lèvent… inlassablement vers le ciel.

 

Lomé, Tokoin-Hôpital, 23 04 2015

Ayi Renaud Dossavi-Alipoeh

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